1/25/2014

Emmanuel Booz

Ceci est le blog officiel consacré à Emmanuel Booz, en collaboration avec l'artiste. Sa carrière, ses anecdotes, son parcours, toutes les informations sur Emmanuel Booz sont disponibles ici. Bonne lecture à tous, et n'oubliez pas de partager le lien du blog !

2/27/2013

Booz, ou le poète cosmique atomique du Rock Français,

Booz fut le premier Underground de ce pays,

Booz, prototype divin du clochard céleste,


Booz fut le premier Beatnik en France,

Booz, éternel précurseur, fut le premier à chanter sur l'écologie et les dangers du nucléaire,


"Dans Quel Etat j'Erre" est souvent considéré par la jeune génération comme l'album qui inventa le rap français,


Les trois albums mythiques d'Emmanuel Booz, "le Jour où les Vaches", "Clochard" et "Dans Quel Etat j'Erre", sont maintenant disponibles sur le site internet du label "Musea" au format digisleeve, agrémentés de nombreux bonus.
Pour vous les procurer, voici le lien vers la boutique en ligne de l'éditeur :



5/25/2012

Réédition de trois albums d'Emmanuel Booz par le label Musea

Les trois albums d'Emmanuel Booz, "le Jour où les Vaches", "Clochard" et "Dans Quel Etat j'Erre", sont maintenant disponibles sur le site internet du label "Musea" au format digisleeve, agrémentés de nombreux bonus.

Voici le lien vers la boutique en ligne de l'éditeur :

Article sur Booz paru dans "Rock 'n Folk" de mai 2012

Voici un article paru dans le magazine "Rock 'n Folk" de mai 2012, écrit par Philippe Thieyre, concernant les trois albums d'Emmanuel Booz, "Le Jour où les Vaches...", "Clochard" et "Dans Quel Etat j'Erre". Un petit ajout concernant des bonus tracks parus sur ces rééditions ont été rajoutées par votre fidèle serviteur.



Emmanuel Booz

"Le Jour où les Vaches.../Clochard/Dans Quel Etat j'Erre"


Musea

"Le jour où les vaches auront du poil aux dents/Je rirai peut être comme un dément..." Ces paroles situent déjà l'homme parmi les grands allumés du rock français, de ceux qui se moquent des conventions et ne se préoccupent ni de la justesse de la voix, ni du format standard des chansons. Emmanuel Booz hurle ses questions existentielles à la face de la société en bâtissant des architectures sonores incroyables, sans jamais craindre l'outrance ni céder à la tentation du bon goût ou de la mesure. Après "Au Restaurant d'Alice", adaptation française d'"Alice's Restaurant", en 1969, Booz va sortir, respectivement en 1974, 1976 et 1979, ces trois albums aujourd'hui réédités par Musea, agrémentés de bonus tracks sur chaque édition, produits par Gérard Doustin, hormis "a quoi tu songes" et "faut changer le numéro", où il est accompagné par la fine fleur du rock progressif français, n'hésitant pas à se lancer dans des morceaux de seize minutes. On peut être irrité par sa diction ou sa grandiloquence, sa liberté est cependant unique et les arrangements, par moments, somptueux. De nos jours, écouter ces trois disques est une oeuvre de salubrité publique.

Philippe Thieyre

2/01/2011

Biographie presse



Article paru dans le livre
"Philippe Manoeuvre présente : Rock Français
les 120 albums qui ont marqué la musique
rock française à ses débuts"
paru aux éditions Hoëbeke en 2010
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1979
Emmanuel Booz
« Dans quel état j'erre »


(Polydor)

(Ode aux Rats/La Symphonie Catastrophique/Armoire et Persil)
Booz ou le poète cosmique atomique du rock français. Le bébé Booz est recueilli par des Résistants, gens de l'ombre qui l'élèvent au péril de leur vie et lui communiquent une éthique, amour de la terre, remise en question de l'ordre établi, envie viscérale d'en découdre avec le monstre nazi. D'abord peu passionné par les histoires de guerre et de résistance, Booz adolescent est membre fondateur de la fameuse bande du Drugstore (des Champs Elysées), mélange d'esprits beats, de rockers impénitents, mods anti-conformistes, fils à papa, futurs paroliers, cinéastes, DJ, journalistes, acteurs, premiers folkeux, littérateurs, branleurs. Entre 1968 et 1978, il enregistre cinq 45 tours et autant d'albums. Aucun de ces disques n'a jamais été édité officiellement en CD, pourtant on trouve nombre de sites dédiés au barde et des commentaires flatteurs sur la Toile, du Japon à l'Oural. Artiste, prophète, lover, fils spirituel de Léo Ferré pour les uns, seul créateur dépassant Ange et Magma pour les autres, Booz promène sa silhouette hugolienne et sa romantique crinière neigeuse sur toute l'affaire. Le plus étonnant n'étant pas une soudaine reconnaissance des milieux hip-hop qui voient (très justement) en Dans Quel Etat j'Erre le premier album rap de langue française !
Repéré au Golf Drouot, où il chantait du rock en yaourt, puis dans des happenings futuristes, Booz commence par adapter en français un poème d'Arlo Guthrie de dix huit minutes, « Au Restaurant d'Alice ». Succès d'estime 1969. On salue sa performance en une prise unique et live en studio. D'abord signé chez Barclay, il migre chez Warner pour l'album Le Jour Où Les Vaches... (1974), dans lequel il scande un long poème écologique prophétique annonçant nos ennuis actuels avec une maestria de Nostradamus progressif. On le retrouve au milieu des seventies, toujours électron libre du rock français, poète beatnik psychédélique révolutionnaire. En 1976, Booz est mûr pour l'auto-production. Lassé d'errer dans les bureaux des maisons de disques, il investit un studio prêté. Les exigences des séances payantes ralentissent le processus, mais Booz trouve le moyen, sur un an, d'enregistrer à l'arrache trois titres légendaires. « Ode Aux Rats » dure seize minutes et occupe toute la première face. La seconde s'ouvre sur « La Symphonie Catastrophique » (9,45 min) et se conclut par « Armoire Et Persil » (8,35 min). Ce matériel n'est pas précisément destiné au hit parade. Pourtant Booz a rassemblé une équipe de musiciens hors pair : Jean Schulteis à la batterie, Didier Lockwood qui tire là quelques-uns de ses plus diaboliques solos de violon, Majhun, Gérard Pisani et la crème des requins parisiens complètent un groupe qui sonne comme un Mahavishnu Orchestra déjanté, sur lequel Booz pose des voix étonnantes, délirantes, hurlées, scandées. Aidé de Jean-Claude d'Agostini, premier guitariste de Coluche, Booz a magnifiquement structuré ses poèmes entre blague zappienne et déraillage hard rock, nouveau nihilisme potache et urgence rimbaldienne. Son argot est celui des musiciens de Paris : « A l'aise Blaise » ou « Saint-Cloud béret basque » (pour thank you very much, expression consacrée des guitaristes de métro). Mais tant d'humour ne peut suffire à cacher le grand message du poète « consterné par la connerie humaine ». Nulle condescendance, Dans Quel Etat j'Erre décrit le monde d'aujourd'hui, précisément, chirurgicalement. Booz ne reconnaît plus les hommes. C'est Moïse redescendant de la montagne de Woodstock et constatant que Mai 68 n'a rien changé. Alors, sans cesse, Booz retrouve l'argot de la rue - « Je pédale dans la semoule Raoul » - et constate, entre deux striures de synthés, deux chandelles de guitare hurlante, la prolifération de nouveaux clochards, parias rejetés de la civilisation atomique par ailleurs totalement maléfique, puisqu'elle ravale les humains en animaux. « Les hommes sont devenus des chiens et si tu touches à leur assiette/Ils te déglinguent à la mitraillette ». Alternant rap et talk over avec les chants de Te Deum électronique et des flashs de Brel, le chanteur creuse avec cet album une voie unique, totalement française. Est-ce l'influence du grand Ferré, qui avait réclamé Booz en première partie de ses concerts à la Mutualité ? Booz a donné un seul concert avec son groupe mais des dizaines de performances en live avec sa guitare, assurant notamment tout seul, à l'impro, une légendaire et triomphale première partie d'une longue tournée Family.
Booz, clochard céleste du rock français. Tous ses projets déjantés et irréels trouveront le chemin des bacs via des majors, et si aucun de ses albums ne dépasse 5000 exemplaires, le chanteur reste satisfait de ces chiffres « puisqu'ils montrent que j'avais touché tout l'underground français ». N'importe, Dans Quel Etat j'Erre mettra deux ans à sortir ! C'est cette volonté d'être souterrain, toujours en liaison entre Kerouac, Ginsberg et les ouvriers de chez Renault, qui rend les quelques enregistrements de Booz uniques. Son souffe est bien celui de la révolte triple. C'est une intensité qui vient de loin, Commune, Résistance, rock'n'roll, folk... Emmanuel Booz est le grand poète méconnu du rock français. Il a trouvé une seconde vie dans le cinéma, où ses scénarios sont appréciés du grand public comme des amateurs véritables...
Philippe Manoeuvre

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RENCARDS

Emmanuel Booz
Nouvelle énergie, nouvelle stratégie

Histoire de voix...
Dans la chanson se mêlent des voix étonnantes, voire irritantes pour certains (Chamfort, Balavoine, Couture, Christophe, Juvet, Gainsbourg, Thiéfaine, Dutronc, Manset...), des voix sublimes (Christiani, Polnareff, Lara, Engel), des voix verglaçantes (Sapho, Corringe, Mama Béa, Ribeiro) des voix envoûtantes et chaudes (Dietsch, Lavilliers, Mc Neil, M.J. Vilar, Castelain, Zacha, Berceville), des voix émouvantes, un peu voilées, un peu fêlées (Wertheimer, Gilly, Valière...) d'autres encore (Gotainer, Esther Galil, J. Birkin, Annegarn, Higelin, Bashung, Matioszeck...), chacune son timbre. Booz, lui, donne dans les voix prodigieuses, génératrices de longs frissons, tout comme Jonasz et Montagné...
Histoire de voix...
La plus compliquée : celle des plus durs, des plus résistants (surtout à la connerie et au sous-développement intellectualo-sensoriel des cellules dites grises des ignares qui gèrent le milieu de la musique ici). Celle des rameurs acharnés, style Markusfeld, Higelin, Castelain, quel l'alternance de la bêtise et de l'incompréhension, des jalousies causées par leur talent et de leur occultation délibérée par le métier, ne sidèrent pas... ou plus. Race de visionnaires et trajectoires lumineuses... Même à l'ombre...
Après le folk et un intermède acoustique planant (Ma Terre, 72), Booz attaque très fort en 74 avec son second album : Le Jour Où Les Vaches... La claque dans la gueule de cette année-là (contenu autant que contenant) ! Arrangé par l'infernal duo William Sheller/Alain Suzan, l'album est explosif. En droite ligne derrière La Mort d'Orion de Manset (69), Le Monde en Etages d'Alain Markusfeld (70) et La Nuit des Cigales de Michel Zacha (72), trois albums in-con-tour-nables ! Emmanuel Booz cartonne en noir. « No future » avant la lettre. Constat méthodique et, en ce sens, terriblement effrayant, d'une dérive générale organisée... qui ne lèse pas tout le monde !
Album politique dans le sens où les dénonciations de Booz visent, juste et fort, qui de droit : politiciens, économistes, industriels, adultes sont sérieusement étrillés (euphémisme !) Manu revendique déjà, bien avant Renaud et parallèlement à Castelain (Albéria, 74), le droit à l'enfance préservée, aux rêves non dirigés... Les arrangements symphoniques et flamboyants de Sheller donnent à ce disque une auréole d'album-cathédrale. Beau ! Beau ! Putain ! Beau à s'en faire crever la tête d'incrédulité ! Entre Céline et Mallarmé ; Breton et Nerval ! Poésie partout ! Lucidité aussi !
Un 45 tours en 75 puis Clochard, en 76, n'indiquent aucun virage : Manu déjante toujours à mort ! La vie le mine (pourtant le football prime de beaucoup sur la musique en maintes occasions) mais ce « dilettante » de génie et de très grande classe ne se sent décidément pas à l'aise quand bien même ce serait dans des tennis. Niveau volume sonore, les vue-mètres indiqueraient plutôt une tendance générale à la baisse, mais le fond reste identique : Rock aérien à pulsations souterraines. Inquiétant... Impressionnant. Une chanson-testament bouleversante (A Vous Tous) sur cet album somptueux, fait pendant à une tentative de s'auto-rassurer (Ma Vie Est Bien Comme Ca), l'honnête moyenne du disque se situant en pleine glauquerie macabre (La Chanson Des Pendus, Cent Mille Ans)...
Trois ans de silence pour aboutir à « Spartacus », le label de jean-Pierre Castelain. Les deux oiseaux se connaissent déjà pour avoir été dans la même taule de disques. Ce qui va les réunir est une identité de direction qu'ils donnent depuis toujours à leur démarche musicale, sociologique et politique : « apprendre aux gosses à s'émerveiller des étoiles, à bâtir des cathédrales » (dixit Castelain), à ne plus se complaire dans le merdier général, que celui-ci soit politique, social, technologique ou personnel, qui est destiné à leur baiser la gueule dès le départ. Pour ça, la musque est un passeport idéal, les mots pouvant semer au gré des ondes humaines (pour peu qu'elles soient réceptives) autant d'espoir, d'appel à l'action et au combat que la vie se charge de semer de mort et de détresse.
Rencontre-choc de deux regards bleu-délavé pareillement désabusés mais conservant intacte la même volonté d'éviter le piège du renoncement à ses rêves, de la capitulation devant d'adversité... orchestrée. De deux paranoïas contre la connerie devenue incommensurable...
Jean-Pierre Castelain porte alors à bout de bras et de souffle l'éclosion de cet album-cauchemar (Dans Quel Etat j'Erre..., 1979), de cet album insensé, tant du point de vue de la violence, encore jamais intensifiée à ce point dans le domaine musical occidental, toutes tendances et toutes origines confondues (peut-être MC5 ou Jefferson Airplane ? Peut-être les Stooges ou John Cale ? Rien de moins sûr...) que dans le domaine de sa portée ; en trois titres, Ode aux Rats, La Symphonie Catastrophique et Armoire Et Persil (en clair : au revoir et merci), dédiée à Brel, Booz exécute la moindre étincelle d'espoir d'une vie meilleure qui aurait pu survivre dans quelque crâne égaré ou quelque cerveau attardé !
La Révolution viendra de la boue et des rats, qu'on se le dise ! Le rêve aura alors à nouveau la parole. En attendant, il était surtout urgent d'entretenir (voire de motiver) la flamme, même sous-jacente, de la révolte et de la jeunesse... Autant dire que l'album-fin du monde de Manset paru l'année précédente, 2870, était largué loin derrière en ce qui concerne le poids des notes et le choc des urgences !
Comment ces deux-là ont pu survivre à des albums pareils reste assez énigmatique.
83... Et Booz ou, plus justement, « Manu », puisque, sur la pochette de ce 45 tours, ne figure plus que le diminutif de son prénom «(« Le « Booz » est parti en vacances », se plaît-il à répéter), revient avec un single toujours produit par Castelain qui, cette fois, s'est installé, de surcroît, aux guitares et à la console...
Deux chansons complètement à part. A prendre à la fois au premier et second degrés : au premier pour le sérieux avec lequel fut enregistré et peaufiné le disque ; au second pour la manière qu'a adoptée Emmanuel Booz de le faire passer pour un gigantesque gag. Faut dire que le bougre a de quoi se marrer en songeant, qu'après quatre albums quasiment jamais programmés, il suffit d'une chanson de trois minutes pour cartonner sur la quasi-totalité des radios libres de la capitale. Seules, les grandes stations semblent faire la fine bouche, comme toujours.
Alors le grand Duduche du rock d'ici rigole... profitant de ce disque-pause pour préparer un album « définitif, urbain et atomique » au sein d'un groupe en gestation : European Suicide (tout un programme !). Après la rupture-gag, la reprise dans une continuité des plus logiques : le bout du vide et du délire... Mais c'est une autre histoire...
En attendant, où va-t-il donc s'arrêter ? « Après le définitif, l'infinitif. Après l'infinitif, peut-être bien l'asile... » comme il le dit lui-même ? Allez savoir... (après quinze ans de galères ce ne serait pas étonnant !)
Et si ce visionnaire d'Emmanuel Booz pouvait même prévoir son propre avenir ?...
Thierry Hexylaine

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Article paru dans le livre
"Swinging Sixties
Londres-Paris"
de Christian-Louis Eclimont
éditions Flammarion
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Emmanuel Booz
Une exception française :
De la bande du Drugstore au restaurant d'Alice

Progressif ou progressiste ? Les deux ! A l'aune d'un Rimbaud empochant à l'issue d'un pince-fesse la petite cuillère en argent, d'un Kerouac mystique chaussant ses bottes de sept dieux pour n'en prier aucun, d'un Bakounine berrichon, sa province de petite enfance, aussi barbu mais plus musicien, Booz, qui ne s'endort jamais, vibrionne comme le premier chanteur underground français. Enfourchant les mots à la Dada, lanceur d'idées – cocktails Molotov ! - ,aux retombées acides mais aussi metteur en humour des faillites annoncées, ce Tycoon de la contre-culture signe chez Barclay, par l'entremise de Léo Missir, à la moitié des années soixante. Agitateur agité, il s'est surtout commis jusqu'alors dans les soirées ou les rallyes, s'accompagnant à la guitare, débitant une logorrhée en yaourt qui se substitue aux paroles. Sur le label de Monsieur Eddy, il se force à mailler des poèmes et fournit le projet délirant d'une comédie musicale centrée sur l'Ancien Testament dont il va extraire un 45 tours, le Mont des Oliviers. Il apparaît à la télévision en djellaba entouré de moutons, favorisant en digne anarcho-spontanéïste, le troupeau mieux que la ligue ou à la procession. Booz n'a pas la fibre pro, préférant l'agit-prop aux terrasses des cafés ou dans les bars interlopes de Pigalle. Il milite contre la guerre d'Algérie, prophétise bible en main, et à revers de l'évangile révolutionnaire cadré, il annonce des temps contrariés lorsqu'il délivre la première chanson écologique avant la date, Ma Terre. Par Elvis, il est grand, par Dylan, il est fort. 68 le saisit sur les barricades qu'il traverse à la mesure d'un gigantesque happening, alternant de concerts à la Mutualité aux scènes mouvantes des festivals, de premières parties de Léo Ferré qui l'apprécie à celles de Soft Machine. Détourné de la célébrité, il cherche à éveiller les consciences, un ambitieux chantier auquel il se cheville. En 1969, son ex-congénère de la bande du Drug', le parolier Boris Bergman le rapproche d'Arlo Guthrie. En dix minutes, à l'hôtel Saint-André-des-Arts, le poète américain le mandate pour interpréter en français son fameux Alice's Restaurant, un manifeste anti-guerre du Viêt-Nam. La version originale de dix-sept minutes est tronçonnée en plages de trois minutes, et le disque français sort dans un relatif anonymat. Nonobstant, Booz double le cap des seventies dans une identique disposition d'esprit et perdure à enregistrer d'autres trente centimètres d'une même teneur underground. Dans Quel Etat j'Erre ?, Le Jour Où Les Vaches, autant d'oeuvres cultes qui s'arrachent encore sous le manteau. Un tiers mondain, deux tiers mondiste, sur les décombres incandescentes de la contre-culture, Booz pavoise, visionnaire dans une époque où le monde promettait d'être meilleur. Acteur dans de nombreux films, aujourd'hui Emmanuel Booz est scénariste.
Christian-Louis Eclimont

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Le Dictionnaire du Rock

BOOZ (Emmanuel)

Un premier album somptueux et fou dans la lignée de « La Mort d'Orion » de Manset ; un second plus rangé produit par Joël Dugrenot et où alternent les chansons éthérées et des arrangements rock. « Le Clochard » (WEA). Beaucoup de talent méconnu.


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TELE ORANGE
67 Rue de COURCELLES
75008 PARIS

HEBDO DISKKK
par Philippe Adler

Quelques nouvelles têtes...

Booz

Un fou. Rock et tout. Comme ses précédents albums n'ont pas marché, il ne s'est trouvé personne pour produire celui-là : « Dans Quel Etat j'Erre » (33 t-30 cm. Polydor 2393 259). Comme quoi, les producteurs ne sont pas forcément malins car c'est un diable de bel album. Oh, pas facile, pas commercial, assez déroutant. Mais ceux qui feront l'effort de s'y plonger se régaleront. Surtout si c'est la musique de groupes comme Yes ou Genesis qui les branche. Booz a du talent. Ca finira bien par se savoir. Mais c'est long.

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L'ESCARGOT
43 Rue Léon Frot
75011 PARIS

Août 1980

Emmanuel Booz
« Dans Quel Etat j'Erre »

Polydor 2393 259

Sur la pochette, une ligne à haute tension sur fond de ciel de plomb et de feu. L'intro : un document sonore inédit, le bruit d'une vieille chasse d'eau catarrheuse, une authentique Jacob Delafon modèle 50, que ne renieraient pas Syd Barrett ou Plume Latranverse, autres chasseurs de sons insolites/
Après ces petits détails matériels, on rentre dans le vif du sujet : « l'Ode aux Rats », une longue pièce de plus d'un quart d'heure qui navigue dans un délire musical vertigineux. Des résonances wagnériennes les plus somptueuses aux folies électriques les plus joyeuses.
« Ratopolis est souterraine,
C'est la cité de la déveine.
Pour essayer de voir le jour,
Il nous faudrait un peu d'amour,
Mais y'a des pièges dans tous les coins
Les hommes sont devenus des chiens
Et si tu touches à leur assiette
Ils te flinguent à la mitraillette...
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Hé, c'est pas une oeuvre, mec,
C'est l'Ode aux Rats,
Une ode pour les enfants, pour
Les paumés,
Qu'ont le deuil accroché là haut
Sur leurs paupières
Comme une arrogance.
C'est pas une oeuvre, mec,
C'est l'cri d'ma déchirure
C'est l'cri d'mon impuissance... »
Ca coule tout seul, comme si c'était naturel. Là où d'autres peinent pour ânnoner trois strophes, Booz respire et chante à pleine voix, joue à pleins poumons. Une voix superbe, à vous donner des frissons dans le dos. Il chante peu, rarement pour rire, et jamais pour ne rien dire : sa parabole des rats vaut tous les discours les plus désabusés ou les plus humanistes.
Le rock contemporain sait être grandiose. Et à côté de ce monument inouï, les petite srévoltes punk ou rive-gauche paraissent furieusement dérisoires. La folie a parfois des accents de lucidité terribles.
Rémy Le Tallec

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NORD MATIN
19 Rue Edouard DELESALLE
59000 LILLE

BOOZ
(Polydor – 2393-259)

On peut penser à Gérard Manset, et à Léo Ferré du temps des Zoo ou bien plutôt à un Mona Lisa plus agressif, toujours est-il que Booz n'est pas conseillé à celui qui sortirait de chez lui dans le but d'aller voir un De Funès au cinéma. Booz, c'est une sorte de Mama Béa qui aurait un penchant particulier pour explorer le monde de la folie.

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Le Dictionnaire de la Rock-Music

EMMANUEL BOOZ

Quatre albums et plusieurs 45 tours à son actif, tous d'excellente qualité, font d'Emmanuel BOOZ un chanteur et un poète reconnus. Il évoque parfois Pete Brown par sa voix cassée et nasillarde et son inspiration poétique quelquefois délirante. Son inspiration par moments revendicatrice aborde des sujets engagés (Chanson Liberté) mais est toujours parfaitement mise en valeur par une musique adaptée au climat émotionnel qu'il veut susciter par ses textes et selon les thèmes évoqués, elle se fait intimiste, dépouillée ou violente, parfois à la limite de la folie. Un des meilleurs chanteurs et poètes du Rock Français.

LP : Au Restaurant d'Alice (Barclay 920.186) 1970
LP : Le Jour Où Les Vaches (Atlantic WEA 50.095) 1974
LP : Clochard (Atlantic WEA 50.294) 1976
LP : Dans Quel Etat j'Erre (Polydor 2393 259) 1979
SP : Rosie Rag/La Robe en Bois (Barclay 61314) 1970
SP Ma Terre/Tout est Très Bien Comme Ca (Barclay 61420 L) 1971
SP Donne/l'Homme aux Mille Clés d'Or (Atantic-Promo) 1974
SP Chanson Liberté/Et On l'Appelait Emmanuel Booz (Atlantic WEA 10 633) 1975

3/15/2007

Paroles Booziennes



LA SYMPHONIE CATASTROPHIQUE

Tu connais l'Atlantide,
La clé des pyramides,
Le Zohar, la Cabale et la Chine
Tu lis les cathédrales
Comme je lis le journal,
T'es un drôle de zozo,
Moulinot

T'écris des symphonies
Qui n'ramènent pas d'oseille
C'est normal, c'est trop beau,
Tu déflores les oreilles
Tu t'agites pour des causes
Où tu perds, où tu payes
Tu rigoles, tu t'en fous,
T'es bien au-d'ssus d'tout ça
Tu rentres dans le ciel comme chez toi

Et moi, pendant c'temps -là
Dans mon bureau place de l'Opéra,
Avec ma règle en plastique jaune de 45 centimètres de long,
Je mesure le temps qu'il faut
Pour aller jusqu'ici, jusque-là,
La lumineuse pendule de quartz rouge
Anime le mur d'en face,
Mais la pile d'enveloppes à timbrer
Me fait complètement déplaner,
Plus j'y penses, plus j'y suis,
Plus j'y suis, plus je sue,
Et plus je sue plus j'essuie
Faut qu'jassure, faut qu'jassure
Dans ma débilité totale
Dans mon costard en laine
Au mois d'août
Vous, vous trouvez ça normal
Pendant qu'y en a qui jouent au tennis
Et au golf aux Seychelles
Et l'autre, et l'autre
Qu'est dans l'espace
Et qui nargue sans arrêt ma conscience
Vu qu'y sait tout,
Vu qu'y sait rien
Et vu qu'jen sais pas plus que lui
Et que j'voudrais y aller aussi
Alors alors, faudrait qu'on m'raconte pas d'bobards
Car je voudrais moi aussi
Me le farcir, le panard
Alors j'me dis souvent
Dans ma petite cervelle
J'aurais dû être chanteur
J'aurais été connu dans les bals de mon bled
On m'aurait p'têt même vu à la télévision
Crois-moi, t'en aurais eu pour ton pognon
Mais la vie vous trimbale
Sur des rêves où l'on n'fait pas c'qu'on veut
Ma foi, j'dois m'estimer heureux
On sait c'qu'on a, c'qu'on a pas
On s'contente de bien peu ma brave dame,
Ma brave dame que je vois tous les jours au bureau
Pendant huit heures depuis dix ans,
Et que j'aime sans rien dire
Je suis sot, j'ai trop peur des ragots
A midi, pour la pause, au café,
On mange le même sandwich,
Un jambon Paris-Beurre
Avec un Beaujol'Pif,
C'est une belle vie qui swingue
Comme vous pouvez le voir
Après ça, on s'étonne que j'ai l'blues tous les soirs,
Et que j'tire une ficelle, avec une brosse à dents en chiendent

J'connais pas l'Atlantide,
La clé des pyramides,
Le Zohar, la Cabale et la Chine,
J'lis pas les cathédrales
Comme tu lis le journal,
J'écris pas d'symphonies,
J'magite pas pour des causes,
Et je reste à l'écart,
Loin des métamorphoses
Hé, hé, si tu f'sais ton chorus de guitare
Que j'repose ma cirrhose

Hou heu ha ha beurk

Chevauche le vent
Tu franchiras tous les abîmes
Tu voleras vers la lumière
Contre les courants, contre les modes,
Tu restes seul car tu ne vis pas de frontières
Enivre ton coeur
Tous les écrins de la parole se sont ouverts
J'deviens poussière
Chante chante chante chante,
Un chant nouveau
Pour tous nos frères
Ne nous laisse pas
Ne nous laisse pas
Ne nous laisse pas
Emmène-nous dans l'univers

Ires Me Resse I Yo Volni Peras Minium
Ires Helas Tresse I Cortex Meum Minium

Ires Me Resse I Yo Volni Peras Minium
Ires Helas Tresse I Cortex Meum Minium

Ires Me Resse I Yo Volni Peras Minium
Ires Helas Tresse I Cortex Meum Minium

Crédits :
Batterie : Maurice Mathias
Basse : Charlie Charrieras
Guitare : Jean-Claude d'Agostini
Claviers, synthétiseurs, piano : Gilles Tymaire
Piano électrique : Roger Doereux
Violon : Pierre Blanchard

Musique : E. Booz, J.C. D'Agostini

Paroles : Emmanuel Booz

Arrangements : Jean-Claude d'Agostini et Gilles Tymaire

Enregistré et mixé par Dominique Do Espirito Santo au studio Damiens à Boulogne, 1977

Réalisation : Emmanuel Booz

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LE CHANT DE L'ERRANCE

L'ODE AUX RATS


Nous sommes le peuple des rats
Ratata rastaquouère
Nous sommes le peuple des rats
Ravadja la moukère
Fossoyeur des grandes tombes
Peuple errant des catacombes

Pom Pom Pom Pom Pom
Pom Pom Pom
Pom Pom Pom Pom Pom
Pom Pom Pom
Ropopom ropopopopom

Radio Rat Radio Ras-Le-Bol
Nous renseigne sur le monde
C'est la pagaille sur le fromage en skaï
On dit que tout déraille
Nous sommes dans un drôle d'état
Nous sommes des rats fadas
En solex en mobylette
Plus rien ne nous arrête

Nous sommes un conglomérat
De joyeux délirants
Ramassis de caméras
Nous ramons sur le tas
Arrêtez les raticides
Stoppez tous les génocides
Pom pom pom pom
Comme disait la soeur de mon pote
A Valmy un jour sans culotte
Pom pom pom pom
Ropopom ropopopopom

Dans le combat permanent
Pour que la race vive
Branche tous les mecs
Du PECQ à la Mecque
Avant qu'la pastèque pète

Eh c'est pas une œuvre mec
C'est l'Ode aux Rats
Une ode pour les enfants
Pour les paumés
Qui dorment sur la caillasse
Qui ont la morve au nez
Et le deuil qu'est accroché là haut
Sur leurs paupières
Comme une arrogance
C'est pas une œuvre mec
C'est l'cri d'ma déchirure
C'est l'cri d'mon impuissance
Eh mec qu'est-c'que j'peux faire
Laisse-moi pas tout seul
Dans mon gourbi
A brailler comme un âne
J'pédale dans la s'moule Raoul
A l'aide
La vie s'arrache les yeux
Pour ne plus voir la mort
Et je suis complètement consterné
Par la connerie humaine

Ratopolis est souterraine
C'est la cité de la déveine
Pour essayer de voir le jour
Il nous faudrait un peu d'amour
Mais y'a des pièges dans tous les coins
Les hommes sont devenus des chiens
Et si tu touches a leur assiette
Ils te flinguent à la mitraillette
Cobayes
A charge des états
On nous refile tous les virus
On nous encage et l'on nous teste
On nous injecte, on nous dissèque
On nous secoue comme des pruniers
Pour voir jusqu'où l'on peut tenir
Mais quand on crève
Il n'y a personne
Pour nous chanter
Un Te Deum
Nous qui ne sommes d'aucun pouvoir
Nous ne ferons jamais l'histoire
Nous avons d'autres images à proposer
Que le carnage
Roi du chaos
Que rien n'émeut
Les voix des humbles s'harmonisent

C'est un moment vertigineux
Quand la tendresse n'est plus soumise
Ne te mine plus, idéalise
Tu la verras la Terre Promise
Ce n'est plus que partie remise
Vieux rat pourri
Tu prophétises

Euh hah hah hah !!!

Mais je n'entends plus rien
Je ne sais plus d'où je viens
Je erre
Je suis perdu
Je suis perdu
Non non non non
Ne me parlez plus
Je erre
Je erre...

Crédits :
Durée : 16 mn 08

Réalisation : Emmanuel Booz.
Arrangements : Jean-Claude D’Agostini et Gilles Tinayre.

Musiciens :
- Jean-Claude D’Agostini : guitare
- Charlie Charrieras : basse ("Ode aux rats" et "La symphonie catastrophique").
- Maurice Mathias : batterie ("Ode aux rats" et "La symphonie catastrophique").
- Gilles Tinayre : claviers, synthétiseurs, piano.
- Didier Lockwood : violon ("Ode aux rats").
- Jean-Louis Mahjun : violon alto ("Ode aux rats").
- Gérard Pisani : clarinette basse, soprano, bugle ("Ode aux rats").
- Philippe Briche : piano fender ("Ode aux rats").
- Roger Doereux : piano électrique ("La symphonie catastrophique").
- Pierre Blanchard : violon ("La symphonie catastrophique").
- Jean Schultheis : batterie ("Armoire et persil").
- Gérard Levavasseur : basse ("Armoire et persil").

Musique : E. Booz, J.C. D'Agostini

Paroles : Emmanuel Booz


Prise de son et mixage : Dominique Do Espirito Santo.
Enregistrement : Studio Damiens (Boulogne).

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ARMOIRE ET PERSIL


J'ai vu du haut des tours
De la ville de poussière
Tant de poings éventrés
A genoux sur la terre
Et ma gueule de flippé
Pourrir dans l'ornière
Et le sang d'un ami
Se perdre dans la mer
J'ai vu l'aigle danser
Et mordre la charogne
La luxure des princes
Et le peuple qui grogne
Et puis cette aile obscure
Sur l'horizon noué
Cette veine éclatée
Cette ombre abandonnée
C'est pour ça que je chante
Qu'ça n'tempêche pas d'rêver
Qu'ça n'tempêche pas d'planer

Patatrac pouf plaf beurk

Tout ça ne veut rien dire
Ce sont des mots, des mots, des mots, des mots
Et du délire
Ha !
Tout ça c'était hier
J'avais l'bocal fendu
Encore ce pied d'batterie
Plaf plaf comme un électrochoc dans ma tête
Et tes yeux de folie
Que je ne trouve plus

Tu avais bien le temps
De fuir ce plat pays
Dans le port d'Amsterdam
Tes bigottes s'ennuient
Avec tous ces gens-là
Qui pleurent chez Madeleine
On entend plus ta voix
Qui tonne sur Bruxelles

Les Flamandes ont rangé
leurs robes de dentelles
Don Quichotte traîne encore
Son âme sur la plaine
Tes vieux se sentent seuls
Ils ont perdu l'ami......

Crédits :
Batterie : Jean Shultheis
Basse : Gérard Levavasseur
Guitare : Jean-Claude d'Agostini
Claviers, synthétiseurs, piano : Gilles Tymaire

Musique : E. Booz, J.C. D'Agostini, G. Tymaire

Paroles : Emmanuel Booz

Arrangements : Jean-Claude d'Agostini et Gilles Tymaire

Enregistré et mixé par Dominique Do Espirito Santo au studio Damiens à Boulogne, 1977


Réalisation : Emmanuel Booz

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LES MORTS


Pourriez-vous entrevoir
Batraciens nyctalopes
Une autre dissidence
Une autre alternative
A côté du chaos
De la conscience de l'être
Nous incarnons l'espoir
Agitons-le d'ailleurs
Enclavés dans les blocs
La zone dépressionnaire
Pas la peine d'expliquer
Auf wiedersen Mein Herr
Le comble de l'histoire
C'est que la race s'en branle
Le consensus des deux
Est égal à son nul
Et la rumeur répand
Que c'est pire que l'enfer

Ta mère n'est qu'un fossile
Et ton père irradié
Faut pas être parano
No no baby
No no

Dans ce capharnaüm
De fragments d'intégrales
Exsangue est la pensée
Et ça me fout la haine
Mais parlons d'autre chose
C'était en 54
Dans le stadium de Berne
La Hongrie fut vaincue
Puskas Hidegkuti
Mes idoles abattues
Le sort n'était pas juste
Et l'art assassiné
Dieu nous avait trahis
En ce temps de guerre froide
Je me sentais floué
Ad vitam aeternam
Tu pleures dans les peep shows
Sur tes amours détruits

Ta mère n'est qu'un fossile
Et ton père un taré
Faut pas être parano
No bébé
No no bébé

Nous sommes Les Morts
On pue
Nos yeux
Nos âmes et nos armées
Ensanglantées
Immondes
On voudrait bien vouloir
Mourir...

La beauté de la violence
Te fascine encore
Nous marchons sur nos ruines
En déséquilibre
Hier, aujourd'hui, demain
Digital rebelle
Mongolian gynécologue
Et fan d'Oum Kalsoum

Tonight

La nécessité de vivre
Mutile nos thèses
Un herpès métaphysique
Altère la structure
Maîtrisons nos verticales
Nos strongiloïdes
Sur la rue pavée de tombes
Où va ton calcium

Tonight

Auf wiedersein
Mémoire satellite
Auf wiedersein

Hein que quoi ! quoi quoi quoi quoi !
Hein que quoi ! quoi quoi quoi quoi !
Hein que quoi ! quoi quoi quoi quoi !
Hein que quoi ! quoi quoi quoi quoi !

De la mort de l'ADN
Sommes-nous responsables
Difforme et dénaturé
Le prolégomène
Dans l'océan des secondes
Sidéral foetus
Et la rage d'être la rage
Il est 27 heures tonight

Auf wiedersein
Mémoire satellite
Auf wiedersein

Petite fille nécrophile
Echappée de ton sang
Dans l'urgence de la perfection
Dans un état d'hypnose
Tu fais l'apologie
De la décomposition
Et de la lenteur
La psychiatrie aérienne
Qu'est-ce que t'en penses
Aux seins de la génisse
Tu t'ennuies à pourrir
Apaise un peu ta molécule
L'orgasme des saintes vierges
Les expériences limites
Arrache à la matière
Tragique et sculpturale
Les restes du Paradis

Auf wiedersein
Mémoire satellite
Auf wiedersein

Fraternise
Fraternise
Primitif du futur
Sauvage et raffiné
Avec la différence
Avec le sybarite
Avec le sycophante
Et son teckel clouté
Dans l'empreinte effondrée
Il faut tenir
Avant la nuit
C'est le temps des béatitudes
Dans une apocalypse culturelle
Ecoute
Ecoute la maladie des hiéroglyphes


Auf wiedersein
Mémoire satellite
Auf wiedersein

J'ai parcouru mes tripes
Descendant mes boyaux
Remontant l'oesophage
J'ai entendu vagir
Sur le Stabbat Mater
Des anges atomisés
Recouverts d'excréments
Un gang d'hermaphrodites
Et des filles d'archevêques
Accepte la douleur
Accepte la laideur
Prépare-toi au bonheur
Vox mahler
Ich bin Vox Mahler
Nous sommes
Le génome bactériel

Euh euh ah ah ah euh euh euh euh...

Crédits :
Durée : 13 mn 48

Titre enregistré en deux parties à la fin des années 1980.
Première partie enregistrée et mixée par Mitch Olivier au studio du Palais des Congrès (Paris).




Seconde partie enregistrée et mixée par René Ameline au Studio Ferber (Paris)




Batterie : Alain Gouillard
Basse : Gary Hamer
Guitare : Jacky Belghit
Chant : Emmanuel Booz

Musique : E. Booz, J. Belghit, A. Gouillard, G. Hamer

Paroles : Emmanuel Booz




Réalisation : Gérard Doustin



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FFI

FILS DE PROLO


Si j'étais né chez les friqués
J'aurais p't'être eu la vie facile
J'aurais p't'être pu jouer du piano
Faire d'la philo ou d'la médecine
J'aurais p't'être pu m'réaliser
Au lieu d'croupir dans une latrine
Dans un hôtel de délatés
Où les cafards bouffent la feutrine

Mais si t'es qu'un fils de prolo
Tu sais la vie c'est difficile
Mais si t'es qu'un fils de prolo
T'as pas vraiment la vie facile

J'aurais p't'être eu le goût du beau
J'aurais p't'être eu le goût des arts
J'aurais pu t'inventer Rimbaud
Pour t'attirer dans mon plumard
Chienne
J'saurais parler communiquer
J'aurais pas besoin d'revolver
En attendant j'me torche le nez
Avec un morceau d'fil de fer

Mais si t'es qu'un fils de prolo
Tu sais la vie c'est difficile
Mais si t'es qu'un fils de prolo
T'as pas vraiment la vie facile

Et quand j'écoute Eric Satie
Je me d'mande bien c'que j'fous sur Terre
J'ai beau herser cette chienne de vie
Je n'serais jamais Raymond Chandler
Il s'rait p't'être temps qu'je prenne la route
Avant qu'ils ferment toutes les frontières
Tout est trop froid dans ta clinique
J'ai plus d'amour à foutre en l'air

Mais si t'es qu'un fils de prolo
Tu sais la vie c'est difficile
Mais si t'es qu'un fils de prolo
T'as pas vraiment la vie facile

Fils de prolo
Fils de prolo

Crédits :
Durée : 3 mn 34

Enregistré début 1980 au studio "Venus" d'Huison Longueville




Batterie : Jean Hanela
Basse : Christian Banet
Guitare : André Roé
Chant : Emmanuel Booz
Réalisation : Gérard Doustin







Paroles : Emmanuel Booz / Musique : FFI et Emmanuel Booz
Merci à tous les amis qui ont permis la réalisation de ces deux titres


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FFI

L'ERE DU NUCLEAIRE


Il va falloir te l'ver les fesses
Si tu veux pas te faire larguer
Toutes les techniques changent de vitesse
On ne voit même plus les roues tourner
La lutte est dure pour la survie
Bats-toi mon pote faut t'accrocher
Y'a tout l'quart monde qui crève la dalle
Pendant qu'je zone près d'la centrale
C'est l'ère du nucléaire
Transformation, évolution ou régression
Mais attention, déflagration

L'ordinateur est ton dealer
Et tu peux tout lui commander
Tout le savoir de l'univers
T'amènera-t-il de quoi rêver
T'iras plus vite que la lumière
Et tu croiras que c'est arrivé
Mais y'a des soirs dans l'univers
Où tu voudras tout faire sauter

C'est l'ère du nucléaire
C'est l'ère du nucléaire
C'est l'ère du nucléaire

J'visse des boulons
J'bouffe des hannetons
Et j'prends des gnons
Mais j'vois jamais
Briller l'pognon

C'est l'ère du nucléaire
C'est l'ère du nucléaire
C'est l'ère du nucléaire
Dis-moi ce qu'il faut faire

Quand j'étais môme avec les potes
On foutait l'souk dans les cinés
On rigolait pour des conneries
On devrait jamais s'arrêter
Maintenant y'a tellement d'constipés
Sitôt que tu te marres tu te fais ficher
Je préfère le son de ta guitare
Au bruit des bottes sur le pavé
C'est l'ère du nucléaire
Introversion, compromission, concentration
Mais attention, déflagration

C'est l'ère du nucléaire
C'est l'ère du nucléaire
C'est l'ère du nucléaire

Nucléaire
Nucléaire

Crédits :
Durée : 4 mn 32

Enregistré début 1980 au studio "Venus" d'Huison Longueville





Batterie : Jean Hanela
Basse : Christian Banet
Guitare : André Roé




Chant : Emmanuel Booz

Réalisation : Gérard Doustin



Merci à tous les amis qui ont permis la réalisation de ces deux titres



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OBSOLETE MY WINDOWS

Obsolete my windows
Obsolete my name
Wass Passiert in Zooland
La veuve ou l'index
Je vous aime, another
Miasmes Placebo
Happy happy glory
Reality show

Un herpès cathodique
Ronge le foie du gène
Ex ado satellite
Démons orphelins
Obsolete my windows
Obsolete my name
Glory glory glory
Sommes-nous responsables

Dans la nuit des entrailles
Au sein du gynécée
Bérénice répudiée
Sur un tas de chiens
Exigeait du laser
Obslolete my name
Obsolete my windows
Sommes-nous responsables

Happy new year my friend
Happy new year my friend
Happy new year my friend
Happy new year my friend

Obsolete my windows
Sommes-nous responsables...

Crédits :
Durée : 3 mn 43

Titre enregistré et mixée par Patrick Bataillard au studio Ferber (Paris)


Batterie : Alain Gouillard


Basse : Gary Hamer


Guitare : Jacky Belghit


Chant : Emmanuel Booz

Musique : E. Booz, J. Belghit, A. Gouillard, G. Hamer

Paroles : Emmanuel Booz

Réalisation : Gérard Doustin


Merci à tous les amis qui ont permis l'autoproduction de ce titre.




Crédits photos : James Lignier